Avec la crise sanitaire et le télétravail, l’Allier connaît une ruée sur son immobilier de prestige

Les mois de confinement ont amené les habitants de grandes métropoles comme Paris ou Lyon à repenser leurs envies concernant leurs cadres de vie. La Normandie, la Côte atlantique (de la Bretagne au Pays Basque) ont été des destinations privilégiées, mais l’Allier a aussi tiré son épingle du jeu.

La crise sanitaire et le télétravail ont changé la vision des acheteurs

Les clients apprécient la qualité des biens bourbonnais.

Agent immobilier depuis 28 ans, installé dans l’Allier depuis quinze ans, Olivier Niger, directeur de L’immobilier autrement à Meaulne, a constaté comment la crise sanitaire et le télétravail avaient rebattu les cartes et dynamisé le marché de l’immobilier de luxe dans le département et en particulier en forêt de Tronçais.

Avant la pandémie, quand on vendait trois châteaux, on était content. Le covid a tout changé. En 2021, on avait une douzaine de châteaux à vendre, aujourd’hui, il ne nous en reste plus qu’un !

« Plus globalement, même en termes de maison, l’effet se fait sentir. À Meaulne, nous n’avons plus que trois maisons à proposer. Les biens que nous vendons sont très variés, mais ce que demandent tous les acheteurs, c’est un bureau avec une bonne connexion Internet pour télétravailler sans problème », souligne l’agent.

Actuellement, les biens se vendent entre 800.000 euros et 4 millions d’euros.

Le coût, le climat et la qualité de vie des atouts recherchés

Ces nouveaux acquéreurs arrivent de grandes métropoles comme Paris, Lyon et même des zones très attractives telles que Bordeaux ou Montpellier. « Nous avons des acheteurs de Bordeaux et Montpellier, car l’immobilier de prestige est devenu inaccessible en Gironde ou en bord de Méditerranée. Ils viennent également pour le climat. Beaucoup trouvent qu’il fait trop chaud chez eux. »

En plus du coût de l’immobilier et du climat, l’agent liste la qualité de vie et la tranquillité dans les atouts.

Dans l’Allier, les biens de prestige sont toujours cachés. Rien n’est jamais visible de la rue ou de la route.

« Cela impressionne toujours les clients quand ils découvrent soudain le château au bout d’un petit chemin », souligne avec le sourire Olivier Niger.

Les Belges et les Néerlandais apprécient le Bourbonnais

Propriétaire depuis octobre, Gino Standaert a été séduit par l’environnement du Val de Cher.

Les Belges et les Néerlandais apprécient aussi énormément l’environnement préservé de la forêt de Tronçais. « Ils apprécient la nature et la qualité du patrimoine que l’on trouve ici. Le foncier est extrêmement rare et cher en Belgique et aux Pays-Bas », avance Olivier Niger.

En plus ils sont à la recherche du côté prestigieux du Bourbonnais. Le château avec son parc avec des chênes sur les terres des Bourbon, cette lignée de rois qui ont marqué l’histoire de France et de l’Europe.

Propriétaire d’un château avec 14 hectares de terrain, à Audes, depuis le mois d’octobre, Gino Standaert, homme d’affaires belge, ne dira pas le contraire. Quand on lui demande ce qui l’a séduit dans cette commune du Val de Cher, l’homme balaye le paysage de bocage qui s’étend au pied de sa propriété et explique avec simplicité.

Ça ! Ce paysage est magnifique. Quand je me lève le matin et que je vois ça, je suis heureux

À l’étage, dans une chambre, il renchérit : « Quand je suis couché le soir, la fenêtre ouverte et que j’entends juste le chant des oiseaux et le bruit du vent dans les feuilles, c’est magique ! »

Le secteur de Tronçais très accessible grâce à l’A71

L’agent immobilier met en exergue la position centrale de l’arrondissement de Montluçon qui permet à ses clients de venir de toute la France et même de l’étranger.

« L’absence de train ne gêne que certains clients parisiens qui sont obligés d’investir dans une voiture. »

L’A71 est un vrai atout pour le secteur de la forêt de Tronçais et les travaux sur la RCEA font que la Suisse est de plus en plus facile d’accès.

Trois grands profils d’acquéreurs

Dans ce secteur de l’immobilier de prestige bourbonnais, Olivier Niger distingue trois grands profils de clients. Le premier correspond à des futurs retraités qui ont un projet familial.

Ce sont des chefs d’entreprise et des gens avec une très, très bonne situation qui sont à la recherche d’un château ou d’un manoir pour pouvoir recevoir leurs enfants, leurs petits-enfants et des proches.

Le deuxième profil est des citadins qui ont vendu leurs biens à Paris, Lyon ou encore Bordeaux et arrivent dans l’Allier avec un budget suffisamment important pour acheter un bien de prestige.

Olivier Niger aime faire découvrir l’histoire et les secrets des biens qu’il vend.

Enfin, le troisième type d’acheteurs est des investisseurs. Ils sont plus à la recherche de biens à rénover. « Soit ils les revendent avec une belle plus-value, soit ils les gardent pour faire de la location événementielle. »

Un « coup de folie » : deux amis achètent des châteaux d’eau à Montluçon (Allier) qui datent de l’époque industrielle

L’accès à la propriété plus compliqué pour les acheteurs locaux

S’il se réjouit du succès de l’Allier et plus particulièrement de la forêt de Tronçais auprès des acquéreurs extérieurs au département, Olivier Niger reconnaît l’accès à l’immobilier de prestige devient compliqué pour les Bourbonnais.

Les prix ont explosé. Les biens se vendent super bien. Les locaux se retrouvent face à des citadins qui peuvent acheter tout et au prix. Ils font même des suroffres quand les biens leur plaisent vraiment. Ça, c’est quelque chose que l’on ne voyait jamais avant la crise sanitaire.

Propriétaire d’une seconde agence à Saint-Amand-Montrond, Olivier note que la situation immobilière est pour l’instant plus calme dans le Berry.

Florence Farina : texte
Florian Salesse : photos

Leave a Comment