Convaincus que leur immeuble est «hanté», ils demandent à être relogés

La mairie de Fontenay-aux-Roses, dans les Hauts-de-Seine (92), reçoit un courrier des plus inhabituels, à la fin du mois de mai, signé par dix locataires d’une barre HLM, dans le quartier des Blagis. Ils attestent que «leur immeuble est hanté» et demandent leur «relogement en urgence», selon Le Parisien . «C’est une grande première pour nous», assure Gabriela Reigada, première adjointe au maire de Fontenay-aux-Roses.

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Les locataires voient une lumière allumée dans un logement vide, des objets bouger et entendent des meubles tirés au sol, des pas, des coups dans les murs. Ils assurent même avoir vu des fantômes dans leur courrier adressé à la mairie.

Le décès d’un locataire dans son appartement, en avril 2019, à l’âge de 72 ans, serait à l’origine du problème. Cet homme mystique voyait des fantômes, selon les habitants. Après sa mort, les phénomènes paranormaux commencent: de la musique retentit depuis son appartement vide, assure sa voisine du dessus, la chaise qu’il tirait lorsqu’il prenait ses repas continue à crisser, selon une autre voisine qui vit en dessous de son appartement.

Un défaut de jouissance paisible?

Les habitantes ont trouvé une solution temporaire. Elles versent du sel au pied de leur porte pour éloigner les mauvais esprits, un conseil de leur imam. Mais elles souhaiteraient être relogées dans un autre immeuble. Un désir qui suscite la surprise du maire: «Je me rendrai sur place pour voir ce qu’il en est. Mais je ne pense pas que ce soit un motif de relogement», s’interroge Laurent Vastel (UDI) auprès du Parisien.

Le maire a tout d’abord commencé par rencontrer des locataires «pour voir leur détresse certaine», selon sa première adjointe. Il va rencontrer les familles une à une et déclencher une expertise technique du bâtiment avec le bailleur social Hauts-de-Seine Habitat «afin de voir si des problèmes électriques pourraient expliquer physiquement ces bruits. Dans le courrier que l’on a reçu des lumières s’éteignant et s’allumant toutes seules ont été mentionnées».

Gabriela Reigada promet de trouver une médiation mais un bien hanté est-il un motif de relogement? Selon l’Union sociale pour l’habitat, une organisation représentative du secteur HLM, «il existe quatre types d’obligations de relogement suivant la nature de l’opération (opération d’urbanisme, travaux de structure, opération de renouvellement urbain et de démolition)». Or, le caractère hanté ne correspond pas à ces caractéristiques.

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«Le caractère hanté d’un logement ne fait pas partie des critères de décence prévus par la loi», précise maître Rossi-Landi, avocat en droit immobilier. Charge aux locataires d’apporter la preuve du caractère hanté de l’immeuble par le biais d’un constat d’huissier, ce qui n’est pas chose aisée. «Dans une telle hypothèse, le décret prévoit que le logement doit assurer la sécurité physique du locataire et le locataire devrait alors se fonder sur le défaut de jouissance paisible du logement», conclut Maître Rossi-Landi. Un procès-verbal difficile à établir toutefois.

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