La septième vague nuit au retour dans les bureaux

La remontée du nombre de travailleurs de retour dans les tours de bureaux a été stoppée nette avec la résurgence des cas de COVID-19 à Montréal, d’après un indicateur traquant l’achalandage piétonnier au centre-ville.

Publié à 5h00

André Dubuc

André Dubuc
La Presse

Selon l’indice Vitalité de l’agence immobilière Avison Young, dont les données sont disponibles sur l’internet, l’achalandage piétonnier fait du surplace à Montréal depuis le début de juin, se situant autour de 128 000 personnes en moyenne par jour.

C’est environ 40 % de l’achalandage prépandémique.

L’indice Vitalité d’Avison Young utilise des données d’Orbital Insight, un analyste de données de localisation. « Orbital Insight cumule des données anonymisées de localisation par téléphone mobile ciblées à des endroits spécifiques afin d’estimer la circulation piétonne totale dans chaque ville et chaque industrie. Les données remontent jusqu’à juin 2019 aux États-Unis et au début de 2020 au Canada, ce qui permet une comparaison avec les niveaux prépandémiques », explique l’agence sur son site internet.

Avant la pandémie, l’achalandage quotidien dans les tours de bureaux du centre-ville dépassait les 300 000 personnes en moyenne. Un creux récent a été observé en décembre 2021, lors de la vague Omicron, quand la moyenne journalière a chuté à 53 000 personnes.

Depuis la dernière semaine de décembre 2021, où le gouvernement Legault avait réintroduit le couvre-feu, la progression de l’affluence était encourageante, passant de 53 000, fin décembre, à 128 000 personnes en moyenne par jour, à la fin de mai. Puis est arrivée la septième vague.

Depuis le 30 mai, l’achalandage dans les tours du centre-ville de Montréal a reculé de près de 10 %, au troisième rang des pires scores parmi les 23 villes nord-américaines recensées par l’indice d’Avison Young.

« Il serait plus juste de dire que la 7e vague a stoppé le retour obligatoire des travailleurs dans les bureaux », dit Marie-France Benoit, directrice, intelligence de marché au Canada, chez Avison Young. Selon elle, trop de facteurs peuvent possiblement expliquer le recul, par exemple le début des vacances estivales.

À ce propos, on constate que des villes du Nord-Est américain de taille semblable à Montréal, comme Boston et Philadelphie, enregistrent des hausses respectives d’achalandage de 46 % et 29 % depuis le 1er juin.

En fait, le récent recul paraît être un phénomène canadien, puisque cinq des six villes enregistrant un recul depuis le 1er juin sont situées au nord du 49e parallèle, l’exception étant Nashville, au Tennessee.

L’inoccupation marque une pause

Tout n’est pas noir dans le marché des bureaux à Montréal, indique cependant l’étude de marché de CBRE, agence immobilière concurrente à Avison Young, au deuxième trimestre 2022.

« Le taux d’inoccupation est resté immobile depuis le dernier trimestre à 16,1 % », y lit-on. « C’est la première fois que l’inoccupation n’augmente pas d’un trimestre à l’autre depuis le début de la pandémie. […] Le deuxième trimestre 2022 est le premier trimestre aussi où le centre-ville a enregistré une absorption nette positive, poursuit-on. En effet, davantage de bureaux ont été loués ou retirés du marché qu’il s’en est rajouté durant les mois d’avril à juin inclusivement. »

En savoir plus

  • – 58,8 %
    Diminution de l’achalandage piétonnier au centre-ville depuis le début de la pandémie en date du 18 juillet 2022. Le 23 mai dernier, le recul s’établissait à 56 %.

    Source : INDICE VITALITÉ AVISON YOUNG

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