Le prix de vente des maisons en forte baisse dans certaines régions de Toronto

Dans la région de Scugog au nord-est de Toronto, le prix moyen des maisons vendues en mai 2022 s’élève à 1,09 million de dollars. C’est près de 400 000 dollars de moins que la moyenne de février, où elle avait atteint son sommet historique.

La différence est encore plus marquée dans le canton de King au nord de Toronto. En mai, 29 propriétés y ont été vendues à un prix moyen de 2,06 millions de dollars, soit 1,16 million de dollars de moins que la moyenne de février. Ça représente une diminution de 36 %.

Dans l’ensemble de la grande région de Toronto, le prix de vente moyen est en recul de 122 000 dollars dans les trois derniers mois pour atteindre 1,21 million de dollars.

Ces prix demeurent toutefois nettement supérieurs à ceux d’avant la pandémie. La moyenne oscillait alors autour de 900 000 dollars, toujours selon les chiffres de la chambre immobilière de Toronto.

Les acheteurs en attente

Jean Pearson, courtier immobilier dans la région de Toronto, raconte que certains de ses clients qui cherchaient activement une propriété il y a quelques semaines ont décidé d’attendre pour concrétiser leur achat.

Ceux-ci ont décidé d’aller en pause, dit-il.

Ils ne sont pas les seuls. Dans le grand Toronto, il s’est vendu 4600 logements de moins en mai 2022 comparativement à la même période l’an dernier.

Les effets d’une hausse des taux hypothécaires?

Depuis mars dernier, la Banque du Canada a augmenté son taux directeur de 125 points de base, ce qui a fait grimper les taux hypothécaires.

Jason Mercer, analyste en chef de la chambre immobilière de Toronto, soutient que cette hausse a des effets plus marqués dans les banlieues de la Ville Reine.

Avec une hausse des coûts d’emprunt, ces régions ont vu une baisse plus marquée de la demande que les autres, dit-il.

Jean Pearson rappelle pour sa part l’importance des facteurs psychologiques lorsque vient le temps d’acheter une maison, lui qui voit les acheteurs être plus patients depuis quelques semaines.

Il explique qu’il n’y a plus cet effet d’entraînement amené par le nombre record de propriétés vendues lors de la pandémie. Certaines maisons se vendaient avec cinq, six ou sept offres. Quand on se retrouve à une ou deux, ça change un peu la donne, dit-il.

Les experts confiants, la Banque du Canada moins

M. Pearson estime que plusieurs personnes attendent le creux de la baisse pour acheter leur propriété. Un creux qui selon lui pourrait ne pas être bien plus bas qu’actuellement, du moins dans certains secteurs.

[Je] vends des propriétés sur certaines rues où ça fait des années que la demande [est forte] à cause des écoles par exemple. Les prix s’y maintiennent assez bien alors que dans d’autres secteurs, c’est un peu différent, explique-t-il.

Jason Mercer abonde dans le même sens, lui qui voit des indicateurs encourageants, notamment le faible taux de chômage.

Du côté de la Banque du Canada, on s’attend à ce que les prix continuent de baisser pour les prochains mois. Le marché immobilier a été insoutenablement fort […] Nous nous attendons à voir une baisse de l’activité dans ce secteur, et franchement ce serait sain, affirmait son gouverneur, Tiff Macklem, jeudi en conférence de presse.

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