les agents immobiliers du Grand Paris lancent une carte pour comparer les communes

Qui ne s’est jamais interrogé sur le niveau de sécurité d’une commune avant d’acheter ou de louer ? Quel parent ne s’est jamais posé la question des équipements scolaires pour son enfant ? Qui n’a jamais voulu davantage d’espaces verts pour respirer entre deux confinements et couvre-feux ?

Si le prix du mètre du carré reste le principal critère des locataires et des propriétaires, ces derniers veulent toujours plus d’informations sur les communes où ils souhaitent s’implanter. C’est dans cet esprit que la Fédération nationale de l’immobilier (FNAIM) du Grand Paris vient de lancer une carte interactive de quasiment toute l’Île-de-France (la Seine-et-Marne a sa propre chambre, Ndlr). Sur son site Internet, les internautes pourront identifier des villes sur la base des critères de leur choix, en ajoutant ou non le prix du logement (celui d’avril 2022, Ndlr).

Onze critères en plus du prix du logement

Cet “indice d’attractivité immobilière” comporte en effet 11 critères: un volet sécurité (statistiques des violences physiques…), un autre dédié au logement (chauffage central, âge et surface des logements…), un troisième lié à l’éducation (crèches, écoles, collèges et lycées au km²). Ou encore un critère de transports en commun, de commerce, de taux de chômage, santé (nombre de généralistes pour 100 habitants…), d’environnement (surface d’espaces verts par habitant), d’offre culturelle. Et enfin, de revenus par ménages et de fiscalité (taxe foncière).

Autrement dit, des critères purement quantitatifs issus tout à la fois des collectivités territoriales, de la FNAIM, de l’Insee et des ministères concernés pour “être le plus objectif possible”.  Un bémol: l’activité économique n’apparaît pas dans les critères, sauf dans les trajets domicile-travail. Ceux-ci sont calculés par l’Insee, assure la FNAIM du Grand Paris.

“Quand vous faites un crédit, la banque regarde les kilomètres entre votre domicile et votre travail. Si la distance est supérieure à 50 km, les crédits sont désormais refusés. Entre le prix de l’alimentation et le prix de l’essence, l’endettement est plus fort”, assure son président Michel Platero.

Un indice réactualisé en 2023

Toujours est-il que 10 communes se détachent du lot. Avec le prix du logement, Milly-la-Forêt, le 6e arrondissement de Paris, Boigneville, Saint-Arnoult-en-Yvelines, Montfort-l’Amaury, Mennecy, Marines, Saint-Pierre-du-Perray, Soisy-sur-Seine et Les Essarts-le-Roi. Sans le prix de l’immobilier, il s’agit des 6e et 8e arrondissements de Paris, de Milly-la-Forêt, de Boigneville, de Versailles, de Montfort-l’Amaury, des 5e et 9e arrondissements de la capitale, de Saint-Arnoult-en-Yvelines et de Bièvres. Cette différence s’explique par les prix du mètre carré très élevés en intra-muros.

L’indice sera réactualisé en 2023 avec de nouveaux critères: l’évolution des prix des logements, les nouvelles gares du Grand Paris et l’affichage des biens à l’achat ou à la location de la FNAIM du Grand Paris. “Nous parlerons aussi de l’investissement locatif et de l’encadrement des loyers”, avance Olivier Princivalle, président-adjoint de la chambre.

Le blocage des loyers est effectif à Paris et dans les territoires séquano-dionysiens (93) d’Est Ensemble (Bagnolet, Bobigny, Bondy, Le Pré Saint-Gervais, Les Lilas, Montreuil, Noisy-le-Sec, Pantin et Romainville) et de Plaine Commune (Aubervilliers, Épinay-sur-Seine, L’Ile-Saint-Denis, La Courneuve, Pierrefitte-sur-Seine, Saint-Denis, Saint-Ouen-sur-Seine, Stains et Villetaneuse).

Une cartographie des passoires thermiques en Île-de-France

La cartographie des passoires thermiques, ces logements qui consomment beaucoup trop d’énergie et dont les factures affectent le pouvoir d’achat de ses occupants, n’est en revanche pas à l’ordre du jour, faute de données centralisées.

La plateforme Hello Watt, qui se définit comme “conseillère énergie des particuliers” car “permettant de reprendre le contrôle de sa consommation d’énergie grâce à plusieurs services”, vient pourtant de publier, ce 21 juin, son classement des 10 villes avec le plus de passoires thermiques en France.

“Nous avons collecté les donnés de l’Ademe (Agence pour la transition écologique, Ndlr) qui donnaient, pour chaque code Insee des communes françaises, la part de logements classés A jusqu’à G, puis nous avons calculé la part de passoires thermiques (F et G) pour chaque code Insee des communes. Tant est si bien que nous avons pu classer les codes Insee des communes en fonction de leur part de passoires thermiques.  Et ce, avant d’utiliser le recensement Insee 2017 pour filtrer les communes et ne conserver que les 50 plus grandes villes françaises”, explique une porte-parole de Hello Watt à La Tribune.

Interrogé sur les 10 villes franciliennes qui comptent le plus de passoires thermiques, la jeune pousse, qui revendique 250.000 utilisateurs en France, adresse cette liste à La Tribune : Paris – 24%, Saint Denis – 22,3%, Argenteuil – 21,8%, Montreuil – 19,6%, Boulogne-Billancourt – 19,2%, Versailles – 19%, Aubervilliers – 18,1%, Nanterre – 17%. Vitry-sur-Seine – 15,7% et Créteil – 9,5%. Ces logements classés F et G seront en effet interdits à la location en 2028 et en 2034.

Logement: les ventes de “passoires thermiques” s’envolent, les décotes suivent