Toulouse : l’immobilier de luxe attire les nouvelles agences de prestige

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À l’image de l’immobilier classique, le marché de la pierre de prestige a également battu des records l’année dernière. Même si l’Occitanie n’est pas la destination privilégiée des riches investisseurs, le marché du luxe y connaît un fort développement.

Si la crise économique a durement impacté le pouvoir d’achat des ménages, elle a également contribué, à l’autre bout de l’échelle, à augmenter le nombre de grandes fortunes. Selon le palmarès du Crédit Suisse, malgré la crise, la France a gagné 309 000 millionnaires en 2020. De quoi faire bondir le chiffre d’affaires des agences du secteur du luxe.

“2021, c’est vraiment l’année qui a battu tous les records”, s’est félicité en début d’année Alexander Kraft, PDG de l’agence Sotheby’s International Realty France spécialisé dans l’immobilier de luxe. Comme ses pairs dans l’immobilier de prestige Barnes et Daniel Féau, l’agence a largement battu son record de transactions en France l’an dernier avec une hausse de 42 % en un an. En France, en 2019, avec une hausse de 17,4 % des transactions et 885 M€ de ventes traitées, le marché tricolore du haut de gamme s’est imposé comme une place incontournable pour les acheteurs du monde entier.

Une région attractive

Même si l’Occitanie ne joue pas dans la même cour que la région bordelaise ou lyonnaise, son attractivité est suffisante pour permettre au marché du luxe d’y connaître un bel essor. À tel point, que ces deux dernières années, deux enseignes, Coldwell Banker et Barnes ont décidé de s’implanter à Toulouse, sur les terres de l’acteur historique et leader du secteur le groupe Mercure.

Mais qu’est-ce qu’un bien de prestige ? Les spécialistes sont unanimes : c’est avant tout un emplacement et un bâti. “On ne peut pas résumer ce marché à une question de prix, explique Claire-Emmanuelle Roussot, à la tête de l’agence Coldwell Banker à Toulouse. Ça va être des biens idéalement situés et qui possèdent de belles prestations et un style architectural particulier. Par exemple un magnifique duplex en centre-ville, un hôtel particulier, un château…”. À Toulouse, les quartiers les plus prisés restent, sans surprise ceux de l’hypercentre. À savoir, Saint-Etienne, Carmes, Saint-Georges, Busca…

“Un bien de prestige est une combinaison d’un emplacement, des qualités architecturales d’une bâtisse et de son histoire, plus qu’un prix qui peut varier selon la surface”, complète Hadrien De Belle, le directeur associé de l’agence Barnes à Toulouse. Concrètement, “un petit appartement de 300 000 euros avec une belle vue dans les beaux quartiers du centre-ville, comme pied à terre pour quelqu’un de passage sur Toulouse qui trouve l’hôtel impersonnel, peut être qualifié de bien de prestige”. En revanche, l’enveloppe peut rapidement atteindre le million d’euros pour un bel appartement de 150 m2 avec terrasse dans un hôtel particulier du quartier des Carmes.

Entre 450 000 € et 700 000 €

En plus de la métropole Toulousaine, d’autres villes attirent ces investisseurs fortunés. “Les secteurs d’Albi et Gaillac vont être également très demandés. On y trouve beaucoup de châteaux à des prix abordables. La zone entre Toulouse et Montauban sera elle aussi très prisée. En plus du nord de la région qui a toujours été attractif, le côté Est comme Balma plaît aussi”, constate Claire-Emmanuelle Roussot. Avant d’ajouter : “Quant au prix, en moyenne mes clients vont débourser entre 450 000 et 700 000 euros pour acquérir un bien dans la région”.

Quels clients ?

Région attractive par son climat et son bassin d’emploi, le marché est alimenté essentiellement par une clientèle nationale. “Dans un rayon de 20 minutes autour de Toulouse, ça sera un cadre dans l’aéronautique, un médecin, un chef d’entreprise… qui aura dans la cinquantaine d’années. Quant au micro marché de la campagne, un quart des acquéreurs sont étrangers et majoritairement des Hollandais et des Anglais”, analyse Hadrien de Belle. De quoi rassurer les professionnels du secteur dans un contexte international très instable. En effet, contrairement à certaines régions comme la Paca qui ont été impactées parla disparition des fortunes russes, le marché occitan semble épargné. Mais pour autant, l’année 2022 ne risque pas d’être marquée par une frénésie d’achat. “Depuis le début de l’année, il y a un certain attentisme qui s’est traduit par une réelle baisse de l’activité. Nous sommes passés de dix demandes très qualifiées par jour à deux demandes. Heureusement depuis le mois de mai, nous avons presque retrouvé notre rythme de croisière”, observe la chef de l’agence Coldwell Banker. La période électorale, l’inflation, la hausse des taux peuvent être un début d’explication.

Même son de cloche du côté de l’agence Barnes. “2022 est mal partie pour être une année record, mais on reste sur de bons niveaux.”, conclut Hadrien de Belle.

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